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 Chroniques d'une Mawwaine

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Amayah
Bwak
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MessageSujet: Chroniques d'une Mawwaine   Lun 25 Juin - 13:38

Sufokia, Maisial 637

Mes pieds nus frôlent la surface calme de l'eau, je pose mes deux mains a plat sur les pierres rugueuses de l'ancien pilier de grès sur lequel je me tiens assise.. Les embruns salés me parviennent de l'océan, maître incontestable de cette lointaine partie du monde.. Je souris doucement aux souvenirs que m'évoquent ces effluves et la lente musique argentine de Sufokia.



Sufokia, Fin Septange 625

Les cris et les pleurs d'une enfant en bas âge résonnent a l'ouest de Sufokia, se propageants sur les murs froids de l'ancienne cité, disparaissants en écho dans ses rues vides. Si l'on tend l'oreille, on peut distinguer d'autres pleurs, sous ceux du nouveau-né. Des pleurs discrets, des larmes silencieuses, celles de la colère et de la tristesse de la jeune femme qui tiens l'enfant serré contre elle, assise sur le sol rocailleux d'une rue silencieuse de Sufokia, désemparée.. Mais il n'y a personne ce jour la, personne pour entendre les pleurs de l'enfant, ni ceux de la jeune fecatte qui le protège de son corps transi de froid et de ses larmes salées.. Mon corps transi, et mes larmes glacées...
Personne, pour nous comprendre.. ni pour nous consoler..


De longues heures se sont écoulées, le soleil s'est couché, et le vent glacial venant de l'océan paralyse mes muscles endoloris par le froid nocturne. L'enfant finit par s'endormir dans mes bras, moi qui fut élevée par ses parents, celle qu'elle appellera sa grande soeur, bien plus tard...
Une dernière larme se cristallise sur ma joue glacée, le regard posé sur ma jeune soeur.


- Kalyka... dis-je dans un murmure si bas que le vent emporte aussitôt mes paroles vers le sombre océan nocturne.

Je ferme doucement les yeux, me remémorant ces dix-sept dernières années, et ce qui nous a poussé à nous exiler ici, moi et ma Kalyka, si jeune et déjà si seule, son premier mois dans ce monde signifiant la perte de sa mère, et la disparition de son père.. Ceux qui furent pour moi bien plus qu'un oncle, plus qu'une simple tante, presque des parents, depuis plus de dix années..

A travers mes paupières épuisées, une lumière vive aveugle soudainement mes prunelles endormies, me poussant à les rouvrir brusquement et me sortant ainsi de la torpeur que provoquaient les souvenirs difficiles de ce dernier mois. Clignant lentement des cils pour distinguer d'où venait l'éclair de lumière, j'aperçoit au loin le phare de Sufokia et le navire Ripate rentrant au port, signifiant que l'aube ne tarderait pas à venir. Gardant la petite Ecaflip contre mon coeur, je me lève péniblement et rentre dans la vielle maison près de laquelle nous étions assises.
Déposant l'enfant dans une couverture de fortune, à même le sol du second étage de la maison vide, je murmure en m'allongeant près d'elle, m'endormant avant même de finir ma phrase..


- A présent, nous sommes chez nous.. ma Kaly.. Nous ferons de cet endroit.. un lieu ou.. tous seront.. heure...



Sufokia, 26 Fraoûctor 626

- Myamamamyama mamya !

Posée sur les larges pierres de la terrasse de notre demeure, une douce couverture de lin accueille notre repos matinal, l'ardent soleil de fin d'été caressant nos visages radieux..
D'un geste sûr et tendre, je berce ma jolie Kalyka dans son vieux berceau de naissance. Ses babillages enfantins amènent un large sourire à mes lèvres, les merveilleux souvenirs de cette année passée se rappelant à ma mémoire et balayant la tragédie survenue un an plus tôt..

M'étirant avec grâce et paresse, je finis par me convaincre de me lever, ramenant nos affaires a l'abris. Enveloppant Kaly dans un drap, je l'installe sur mon dos et prends la route de Madrestam et de mon ancienne demeure, la très ancienne demeure de mes propres parents.
Jusqu'à l'âge de mes six ans, je fus élevée par mon père, je me souviens de mon enfance comme d'une vie heureuse et d'un ciel sans nuages, au sud du Port de Madrestam. C'est la raison pour laquelle, lorsqu'il me fallut choisir un nouvel endroit ou vivre l'année passée, je choisis de me rapprocher à nouveau de l'océan, afin de m'éloigner des fermes d'Amakna et de retrouver un peu de mes souvenirs d'enfance. Sufokia ne m'a pas déçue, la magie de l'ancienne cité et la présence protectrice de l'océan nous a rendues heureuses, Kaly et moi.

Les cloches de l'église d'Amakna sonnent 13h lorsque nous passons à proximité de la ville, et à peine passons-nous le pont menant au port, que j'aperçois mon plus vieil ami d'enfance se diriger vers nous, saluant le sourire aux lèvres


- Et voilà les deux plus belles exilées de Sufokia !

Je sourit à mon tour, l'étreignant chaleureusement, puis le suis jusque chez lui, posant la petite Ecaflip dans un berceau préparé a cet effet.

- Je vais finir par le croire à force de te l'entendre dire, Chap'.. dis-je en m'asseyant, le sourire espiègle.
- Que vous êtes les deux plus jolies filles de Sufokia ?

Je rectifie en étouffant un rire.

- Que nous sommes exilées !
- Je n'en doutais pas, Ama..

Il rit en ajoutant cela, puis repose sur moi un regard signifiant qu'il est l'heure que j'y aille. Jetant un dernier coup d'oeil vers Kalyka, je me lève doucement, puis me dirige vers la porte d'entrée.


- Merci de prendre soin d'elle, tu ne sais pas à quel point ça me rend service.. Enfin si, tu le sais.. ajoutais-je, me corrigeant en riant doucement.
- Je le sais et je sais aussi qu'à discuter ainsi tu essayes de te défiler pour rater ton entretien à la bijouterie..

Il adresse un léger clin d'oeil à mon attention et me pousse gentiment vers la sortie.

- Corey serait fier de voir sa fille suivre ses traces, c'est un métier fait pour toi, tu me l'as toujours dit, même quand on étais gosses. Ne te défile pas, je te connais..

Souriant une dernière fois à son regard taquin, je me dirige vers Amakna, déterminée à prendre la succession de mon père, dans ce métier dans lequel j'ai baigné toute mon enfance.. Arrivée à la bijouterie d'Amakna, une foule de souvenirs me reviennent en mémoire, et la certitude que je ne ferais pas demi-tour s'impose a moi, de même que cet apprentissage se passera bien, même si pour cela il me faut me séparer quelques jours de Kalyka, je sais que Chapelin saura s'en occuper mieux que personne...




Amakna, 2 Septange 626

Un homme aux étranges ailes de bois s'approche de moi, l'atmosphère est emplie d'une odeur sucrée de rose et de chanvre..

- Amayah...

Des enfants jouent entre les colonnes de pierres posées en cercle sur l'herbe d'un vert tendre, et une musique insaisissable aux accents mélancoliques semble flotter tout autour de ces étranges personnages..

- Amayah.

Je ferme les yeux, fronçant les sourcils, essayant de trouver d'où viens cette voix qui m'appelle.. Une voix que je connais bien et que je n'arrive pourtant pas à identifier clairement. Une voix qui..

- Amayah !

Sursautant à l'appel de la Maître Bijoutière, je me réveille brusquement, aspirée hors du songe et des brumes du sommeil, affalée sur la table de travail, le nez contre la lourde table de bois de chêne de la bijouterie.

- Azra.. Je relève doucement mon visage endormi vers mon professeur, arborant un sourire indolent. Il me semble bien que je me sois endormie avant l'aube, finalement.

Azra Lazarus rit doucement à la vision de mon habituelle mine paresseuse, puis me tends un parchemin scellé de cire rouge.

- Tu es paresseuse, certes.. Mais aussi maniaque, bosseuse et déterminée que moi. Annonce-t-elle en souriant. Voilà ton diplôme, Ama, tu l'a bien mérité. Il va encore te falloir travailler de nombreuses années avant de devenir Maître Bijoutière, mais je suis certaine que tu y arrivera.. Si tu dors un peu moins. Conclue-t-elle en riant.

Me relevant aussi rapidement et dignement que possible, je receptionne doucement dans mes mains fatiguées le diplôme que j'attendais tant. Me dirigeant vers l'excellente professeur, je la serre contre moi avec reconnaissance.


- Merci pour tout..
- Ne me remercie pas, tous le travail venait de toi, Mayah.

La serrant à son tour dans ses bras, la bijoutière lui murmure un "à bientôt" à l'oreille, avant de la laisser s'en aller pour enfin rejoindre sa soeur et son ami.


Le parchemin toujours serré contre ma poitrine, je cours en direction du pont menant à Madrestam, la poussière s'envolant sous mes pas rapides, m'attendant à voir surgir à tout moment, au loin, Kalyka dans les bras de Chapelin.
M'arrêtant brusquement à quelques lieues du pont, le regard stupéfait, il me semble entendre cette mélodie insaisissable qui hantait mon rêve quelques heures auparavant. Revenant sur mes pas, à l'affût des imperceptibles notes de musiques, je me dirige vers ce qui me paraît être un très ancien temple Eniripsa. Les lourdes et hautes pierres m'évoquant les colonnes de mon rêve..
Pénétrant au centre du cercle de pierres, la musique se fait plus présente à mon esprit, toujours aussi belle et énigmatique que dans mes songes. Les seuls sons me ramenant à la réalité sont ces pleurs d'enfants, bien réels, qui me rappellent immanquablement ceux de Kalyka l'an passé.
Dissimulées derrière une large colonne, je finis par découvrir deux enfants, serrées l'une contre l'autre, la plus petite, d'une huitaine d'année, s'agrippant à la jeune Sadidette qui la tient contre elle.
M'agenouillant à leurs cotés, j'essuie prudemment d'un revers de la main les larmes de la petite Fecatte et souris de la manière la plus rassurante dont je suis capable.


- Bonjour... Moi, c'est Amayah...

Seul le silence et la mine effrayée des deux enfants me repondant, j'essaye à nouveau de sourire, ajoutant d'une voix douce pour les inciter à parler,

- Et vous ?

La jeune adolescente eu un léger mouvement de recul lorsque ma main frôla la joue de la petite, mais le sourire rassurant du faire son effet, car elle murmura doucement son nom et celui de l'autre enfant.

- Alera.. Et elle, c'est Aleryan.

Ayant, semble-t-il, conquis la confiance des enfants, je prends la petite dans mes bras et la Sadidette par la main, me dirigeant vers la sortie du Temple.

- On va essayer toutes les trois de vous ramener à vos parents, il ne faut pas rester dans cet endroit éloigné toutes seules..

A la prononciation du mot "parents", Alera secoue la tête à mon attention, son beau regard sombre plus qu'explicatif. La petite Fecatte relève alors la tête vers moi, chuchotant a son tour d'une toute petite voix.

- Maman ?

Gênée, et attristée, ayant que trop bien compris la gravité de la situation, je secoue la tête à mon tour, m'attendant à ce que les larmes resurgissent, à ce que la tristesse envahisse à nouveau le jeune regard d'Aleryan. Au lieu de cela, la petite me sourit doucement et murmure à nouveau..

- Mawwaine ?



A suivre...
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MessageSujet: Wouh!!   Mer 11 Juil - 23:01

Wouah c'est vraiment énorme! On est réellement transportés du début à la fin. J'ai particulièrement aimé le tout premier paragraphe. Ca respire la sérénité et on a aucun mal à se représenter la scène tellement c'est fluide. Pfiou, que d'émotions ^^ J'ai hâte de lire la suite =)
Fais gaffe cependant, parfois on s'embrouille un peu quand y a trop d'adjectifs ou d'adverbes.

Bonne continuation!
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Fylène
Kwak
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MessageSujet: Re: Chroniques d'une Mawwaine   Jeu 12 Juil - 13:18

Unfi a raison ne mets pas trop de mots sinon on comprends plus ^^

ok je sors
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Amayah
Bwak
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MessageSujet: Re: Chroniques d'une Mawwaine   Jeu 12 Juil - 13:51

Han marchi c'est gentil n_n

J'ai en effet bien plus l'habitude d'ecrire entierement comme le premier paragraphe, mais pour l'univers d'Amakna et d'Amayah c'est plus compliqué de rester toujours dans ce style, alors je m'emmele un peu les pinceaux apres Razz C'est Tobinou chou le roi de la chronique claire, prenante, et directe, il a un don :p

Mais marchi beaucoup, j'm'attendais pas a des commentaires n_n

(xD Fy)
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MessageSujet: Re: Chroniques d'une Mawwaine   

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